Un groupe de 13 professionnels a rendu hier un rapport indépendant qui propose de rénover le système de financement public, inadapté. Libération y consacre un dossier ce matin.
Une cinquantaine de journalistes étaient invités, jeudi matin, au cinéma du Panthéon. Face à eux, une bonne vingtaine de professionnels du cinéma. Scénaristes, acteurs, réalisateurs, producteurs, exportateurs, distributeurs ou exploitants étaient venus, un brin solennels, accompagner les treize signataires d’un rapport consacré au financement du cinéma français, rendu public le même jour. Les auteurs, c’est le «Club des 13» professionnels du cinéma, tous métiers confondus, qui planchent depuis un an et demi pour mettre noir sur blanc, et sur près de 200 pages, les dérives observées partiellement par chaque catégorie du cinéma.
Urgence.
A la clé, un constat alarmant : les mesures d’accompagnement du cinéma français ne viennent plus en aide aux films qui en ont le plus besoin. Des dysfonctionnements structurels, des dispositions obsolètes, voire des malversations, sans oublier les évolutions du marché et la position dominante de certains acteurs du secteur, comme les diffuseurs télé, ont fini par handicaper un système dont chacun, par ailleurs, souhaite avant tout la pérennité.
Tout a commencé le 25 février 2007, lorsque la réalisatrice Pascale Ferran a reçu le césar du meilleur film pour Lady Chatterley. Elle profite du moment où tout le cinéma français est coincé dans une même pièce pour prononcer un discours qui va faire du bruit dans le bourg. Elle y évoque une chaîne brisée, des systèmes de financement confinant parfois à l’absurde, une fracture entre films de plus en plus riches et d’autres de plus en plus pauvres, une certaine altération du goût du public et l’urgence de mettre tout le monde autour d’une table pour réfléchir. L’appel a été entendu et a propulsé Pascale Ferran porte-parole de cet acte original, voulu et organisé par des professionnels et commandé, pour une fois, par aucune instance gouvernementale.
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