Côté rue, elle intrigue, cette drôle de boîte ! Côté jardin, elle est grande ouverte sur le paysage. Une maison surprenante écrit Amélie Neiss dane le supplément du Journal du Dimanche.
Sur les hauteurs de Sèvres, Rue Léon Cladel, dans une rue étroite, le passant ne peut qu’être interloqué par cette grosse boîte à la façade étrange… Et de s’interroger : « Est-ce vraiment une maison ? »
Pari réussi pour les architectes, Gaëlle Hamonic et Jean-Christophe Masson*, qui ont voulu créer cette ambiguïté. Si les propriétaires, Thomas et Nadia, se réjouissent aujourd’hui du résultat, leur rêve a mis du temps à se concrétiser.
« Les grands-parents de ma femme habitaient à Sèvres, elle-même y a passé son enfance. Attachés à cette ville, on y a cherché une grande maison pour nos deux enfants, quand on n’arrivait plus à pousser les murs de notre appartement du 18e arrondissement. Les recherches n’ont pas été faciles.
Finalement, c’est le bouche-à-oreille qui a fonctionné et nous a permis de trouver ce terrain, il y a cinq ans. On a tout de suite été séduits par le jardin très romantique », explique le propriétaire.
Un des derniers sites disponibles sur les hauts de Sèvres, avec vue imprenable sur la ville.
En 2004, le couple fait appel à Gaëlle Hamonic et Jean-Christophe Masson. Leur cahier des charges ? « On souhaitait une maison pratique pour les enfants et un endroit propice aux réceptions avec beaucoup d’espace, articulé autour de trois chambres et d’un bureau. » Coût de l’opération : 850.000 ¤ pour 210 m².
Des plantes vont pousser sur les filets de camouflage Les architectes ont beaucoup travaillé sur l’aspect extérieur de la maison. Dans un quartier résidentiel avec très peu d’architecture contemporaine, ils ont imaginé une bâtisse ultramoderne côté rue, avec des plaques d’aluminium au sommet de la « boîte ».
Des filets de camouflage ont été installés en dessous, devant des baies vitrées, ils vont bientôt accueillir
des plantes grimpantes, des bambous, du jasmin, pour créer une façade végétale. « Côté jardin, la maison revêt une fine maille en Inox tressé », détaille Gaëlle Hamonic. Elle recouvre la structure de béton peinte en vert, ton proche des arbres environnants.
L’objectif ? « La superposition de matières, les reflets de la lumière, du paysage et du ciel cherchent à dématérialiser la maison, qui finit par se fondre dans l’environnement. »
Les architectes ont réussi à intégrer la maison non seulement dans le paysage, mais sur ce terrain en pente. Très verticale, elle épouse la topographie du site. Résultat: la bâtisse, orientée plein sud, bénéficie d’un ensoleillement maximal l’hiver. L’été, les arbres font office de filtre.
L’ensemble se développe sur trois niveaux distincts. Au rez-dechaussée, l’entrée principale donne sur une rampe qui permet d’englober d’un coup d’oeil toutes les pièces à vivre situées en rez-dejardin: un espace de 70 m² comprenant cuisine, salon, salle à manger, bar, coin bibliothèque. « On y passe beaucoup de temps. On a déjà reçu une centaine de personnes et on a organisé un concert dans le salon. » Une cloison en verre matérialise la « maison des enfants ». « On voulait un espace indépendant pour Basile et Jane », explique Thomas.
A l’étage, la suite parentale accueille une salle de bains tout en béton brut, très simple. La grande baignoire, qui donne sur le toit végétalisé, s’ouvre sur la chambre. « On a souhaité que tout soit ouvert. La circulation dans la maison est très facile », remarque Thomas.
La décoration, faite de beaucoup de récup’, est réussie, ou comment le dépareillé bien chiné finit par bien se marier. Les murs blancs, la lumière et le sol en béton font ressortir le mobilier.
« Avec ma femme, Nadia, nous faisons beaucoup les puces de Saint-Ouen et les vide-greniers dans la région. Certaines oeuvres ont été réalisées par des amis peintres ou photographes. Ce vieux fauteuil en cuir a été recouvert de Skaï coloré orange et bleu, le deuxième en rose et violet. Ici, l’espace est très mobile. Si vous repassez dans quinze jours, les sièges ou les poufs auront changé de place…»
* Gaëlle Hamonic et Jean-Christophe Masson, contact@hamonic-masson.com ou 0153629943.
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