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28 octobre 2007

L'Europe bouscule le PS

Pascale Amaudric rend compte ce matin dans Le Journal du Dimanche des débats du conseil national du PS et écrit que " Le dossier européen met à nouveau l'unité des socialistes à rude épreuve. François Hollande espérait gagner du temps et attendre le bureau national du 6 ou du 13 novembre pour affiner la position officielle du PS vis-à-vis du mini-traité. Il a dû s'avancer hier, lors de la réunion du Conseil national, le parlement du parti, qui avait mis à l'ordre du jour d'autres sujets, a priori mobilisateurs comme la critique de la politique sarkoziste ou les "trois forums de la rénovation", que prépare le PS.
Sous la pression des médias et du député européen Vincent Peillon, qui a brisé à la tribune ce sujet tabou, le premier secrétaire a dû affirmer que les socialistes "ne s'opposeraient pas" à la ratification du nouveau traité, sans dire toutefois s'ils voteraient oui ou s'ils s'abstiendraient. Seul le sénateur Jean-Luc Mélenchon a jusqu'ici fait connaître son "non". Mais, surtout, François Hollande a été contraint de préciser qu'il ne demanderait pas explicitement à Nicolas Sarkozy (qu'il doit rencontrer demain, dans le cadre de la consultation des partis sur la réforme des institutions et sur l'Europe) d'organiser un référendum sur la question. Et c'est là le hic.
Eviter "l'enlisement définitif"
Le premier secrétaire s'est toujours voulu le champion de l'unité du parti, au prix d'ailleurs de vives critiques sur son art des "synthèses molles". Il avait imaginé pouvoir afficher l'union des socialistes, voire au-delà (Marie-George Buffet a exprimé hier son "inquiétude" sur le "renoncement" du PS), en demandant l'organisation d'un référendum. Le principe selon lequel "ce que le peuple a fait, seul le peuple peut le défaire" paraissait assez fédérateur pour édulcorer les divergences d'appréciation sur le fond du nouveau traité et, peut-être, éviter les divisions de 2005 dont la gauche ne s'est pas relevée. Tous les protagonistes socialistes savent pourtant que la ratification par voie parlementaire était un engagement de campagne de Nicolas Sarkozy et qu'il ne reviendra pas dessus. Le faux-semblant d'une demande de référendum tenait lieu de bouée de sauvetage. La voilà à la mer.
A la tribune, Vincent Peillon, ancien "noniste", a lancé : "Le PS doit voter oui !" Sinon à risquer "l'enlisement définitif" de l'aventure européenne. "Le PS ne veut pas de ça, les socialistes sont foncièrement européens", estime le patron du Nouveau parti socialiste. Parmi les anciens partisans du "non de gauche", Peillon est de ceux qui pensent que ce traité de Lisbonne est le fruit d'une "renégociation" et que le fameux "plan B" a donc bien eu lieu.
Jack Lang, bien qu'en congé de parti pour avoir accepté de participer au comité Balladur sur la réforme des institutions, a lancé hier soir sur TF1 un vibrant appel à ses "camarades" pour le "oui".
Le PS semble conscient qu'en prônant l'abstention, il pourrait perdre sa crédibilité européenne, sans assurer pour autant son unité."

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