Ce matin, l'édition 92 du Parisien a interrogé Patrick Devedjian, président du conseil général. Ses propos ont été recuiellis par Claire Guedon et Olivier Debruyne.
Le Parisien: Vous avez prone recemment devant les cadres du conseil general une politique de rigueur pour les finances departementales. Pouvez-vous preciser ?
Patrick Devedjian: Le département a longtemps été considéré comme une vache à lait. Le conseil général n'est pas un guichet à qui l'on dit « donnez-moi de l'argent ! » On a la réputation d'être très riche et par conséquent de devoir subventionner tous ceux qui demandent de l'argent. Alors que nous sommes moins riches que Paris, notre santé financière n'est pas assurée de manière pérenne. Mon devoir est d'assurer, d'une part, les recettes, d'autre part, l'utilité et l'efficacité des dépenses.
LP: Justement, votre opposition vous reproche d’avoir reduit les subventions au Secours populaire, a la Banque alimentaire et aux Restos du coeur.
PD: Ces trois associations l'ont très bien accepté, en signant leur convention en juillet dernier. Le trésorier de la Banque alimentaire nous a même dit qu'il regrettait le bruit fait autour de cette affaire. Il trouve normal que les subventions soient réexaminées, quelles ne soient pas institutionnalisées. Certaines associations ont cette année une trésorerie surabondante.
Le Secours populaire possède 357 252 euros de trésorerie. C'est très bien mais ça prouve qu'il n'a pas besoin de l'argent des contribuables à ce moment-là. On ne prélève pas des impôts pour les mettre à la Caisse d'épargne. C' est l'argent du peuple. D'ailleurs ce n'est pas l'opposition qui mène cette campagne mais le seul Parti communiste.
« Le budget global des subventions a augmenté »
Pour vous, ce n’est donc qu’une polemique politicienne ?
Il n'y a pas un autre département qui soit aussi généreux que les Hauts-de-Seine avec les associations. Le budget global des subventions qu'on leur verse est passé de 44,9 Meuros en 2006, à 45,2 Meuros cette année. 45Meuros ce n'est pas rien, vous êtes d'accord ? 1 716 associations sont financées par le conseil général. Je crois que dans cette affaire le Parti communiste confond action sociale et capitalisme… Mais on approche des élections, je comprends qu'il fasse flèche de tout bois.
Votre politique de rigueur s’arrête-t-elle aux associations ?
Absolument pas. Dans le cadre des pôles de compétitivité, j'ai refusé de verser environ 3Meuros d'aides à de
grandes entreprises comme Dassault, Alcatel, EADS ou France Télécom. Je pense que ce n'est pas la vocation du contribuable de subventionner des entreprises qui distribuent des dividendes à leurs actionnaires. Dans cette affaire, je suis plus à gauche que le Parti communiste qui n'est pas choqué par ça,
alors que les conseils généraux du Val-de-Marne et de la Seine-Saint-Denis (NDLR : dirigés par le PCF) le
font !
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