Roger Karoutchi et l'Ile-de-France.
Roger Karoutchi, le secrétaire d'Etat chargé des relations avec le Parlement, candidat UMP aux régionales qui auront lieu en 2010, organise aujourd'hui à Paris une "réunion de travail" où il a convié les principaux responsables de la Majorité présidentielle concernés par le dossier Grand Paris, dossier qui agite les élus et politiques franciliens. Il rejette les principales propositions du sénateur Dallier, publiées dimanche dernier en exclusivité dans le supplément Paris-Ile-de-France du Journal du Dimanche. Il ne faut "pas faire exploser la région Ile-de-France" répond-il au sénateur qui préconise la disparition de quatre départements (75, 92, 93 et 94).
Les propos ont été recueillis par Bertrand Greco dans Le Journal du Dimanche. Roger Karoutchi, ne veut pas faire exploser la région Ile-de-France.
JDD: Vous organisez une réunion de travail sur le Grand Paris demain soir. Qu'en attendez-vous?
RK: J'ai voulu réunir les élus du coeur de l'agglomération: maires, conseillers généraux, régionaux, parlementaires, de Paris et des trois départements de la petite couronne. J'ai aussi invité les parlementaires de la grande couronne. Parce qu'on n'a aucune chance d'avancer sur le Grand Paris si la Seine-et-Marne, les Yvelines, le Val-d'Oise et l'Essonne se sentent marginalisés. Je suis obsédé par la nécessité de ne pas faire exploser la région Ile-de-France. Avant de parler de gouvernance _de quoi nous entraîner dans une guerre picrocholine qui durerait des années_, nous devons définir, ensemble, les projets prioritaires que nous voulons confier au futur Grand Paris: attractivité économique, gestes architecturaux, création d'un grand campus universitaire, d'un grand pôle d'affaires à l'Est de la région... Les Franciliens se fichent éperdument des structures. Ils veulent des transports de qualité et moins chers, des logements moins coûteux, un cadre de vie différent, moins de délocalisations, plus d'emplois...
JDD: Le rapport que le sénateur Philippe Dallier (UMP) a rendu cette semaine préconise de fusionner les quatre départements centraux (75, 92, 93 et 94) pour plus d'efficacité...
RK: L'idée de mon ami Philippe Dallier est séduisante a priori... mais elle apporterait plus de problèmes que de solutions. Un département unique au coeur de l'agglo concentrerait 6 millions d'habitants et 75% du PIB d'Ile-de-France. Une domination qui signerait la mort de la région [11,5 millions d'âmes]. Il ne s'agit pas de regrouper les puissants et les riches au centre et d'exclure les autres. D'ailleurs, les quatre départements en question ne veulent pas entendre parler de fusion.
JDD: La volonté de mettre en commun les richesses de l'agglomération parisienne ne se heurte-t-elle pas à la frilosité des Hauts-de-Seine, plus riche département de France et fief de Nicolas Sarkozy?
RK: Et la frilosité de Paris!? Bertrand Delanoë est assez flou quand il parle de mutualiser les ressources fiscales: il cite la taxe professionnelle, oubliant habilement les droits de mutation sur les ventes d'appartements. En 2007, Paris a récupéré 900 millions d'euros de droit de mutation! Personnellement, je ne prône pas une fiscalité unique. Je préfère imaginer un financement des opérations _ transports, logement, grands gestes architecturaux..._ à proportion de la richesse de chacun.

Les commentaires récents