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30 avril 2008

Se souvenir de la Shoah

Aujourd'hui je souhaite attirer l’attention des lecteurs de ce blog sur la commémoration de la Shoah, 63 ans après la fin de la Deuxième guerre mondiale au cours de laquelle l’Europe a été le théâtre du plus abominable des crimes perpétrés contre l’humanité. Souvenons nous des six millions de Juifs qui périrent dans les ghettos de Varsovie ou de Bialystok, dans les fosses creusées sur les collines de Babi Yar, dans les camps de Treblinka ou de Majdanek. Un jour pour se souvenir, et méditer.
Présent à la Marche des Vivants, à Auschwitz, le Chef d’Etat major de l'armée israélienne Gaby Ashkenazi a déclaré devant les 12.000 participants qu’Israël prenait très au sérieux les appels lancés pour la destruction de l’Etat juif, faisant allusion aux menaces formulées par le Président iranien.
Mercredi 30 avril, à Yad Vashem, le Premier Ministre israelien a rappelé que « ceux qui nient l’Holocauste sont ceux qui refusent de reconnaître la légitimité d’Israël ». La négation de la Shoah, particulièrement en vogue dans certaines régions et pays du Moyen Orient, participe même d’une stratégie de délégitimation d’Israël.
Le négationnisme iranien est connu, sa logique aboutit à « rayer Israël de la carte ». Les Palestiniens du Hamas développent à leur tour des théories similaires.

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18 avril 2008

Nous ne croiserons plus Maud Guillerot-Upson.

Maud est décédée dimanche dernier et ses obsèques auront lieu ce matin à 10 heures 30 à Malakoff.
Maud Guillerot-Upson était une militante engagée depuis les années 68, à Sèvres, où elle a participé à l'aventure collective de la rue des Caves pour empècher la destruction des immeubles du Centre-ville. elle habitait au 18.
Sur un plan plus général, elle participa au lancement du quotidien Libération, dans lequel elle signait dans les premières années sous le pseudo Maud Ulation.
A Sèvres depuis 1982, elle s'était engagée à mes côtés au lancement de l'association Sèvres Demain , rassemblant des femmes et des hommes de gauche issus de formations différentes ou sympatisants non encartés. Elle avait été membre du bureau de l'association pendant un temps et figurait sur la liste des élections municpales en 1983.
A ses enfants, ses petits-enfants et sa famille, j'adresse mes condoléances sincères.
Je conserverais de Maud le souvenir d'une femme courageuse, exigente et déterminée. Nous ne la rencontrerons plus à Sèvres entre la Grande Rue et la rue des Caves, mais son souvenir restera vivant. Chiao Maud!

Geneviève Winding, une pionnière du cinéma n'est plus.

Quelle triste nouvelle que celle du décès de Madame Geneviève Winding, chef-monteuse de cinéma, survenue le 15 avril dernier.
Elle était veuve du chef-opérateur Andréas Winding, mort en 1977. La famille Winding est liée à la famille Renoir: la grand-mère d'Andréas était mariée avec Claude Renoir, céramiste, frère du cinéaste Jean et de l'acteur Pierre.
Elle a été la première monteuse à recevoir un César, en 1976 pour le film Sept morts sur ordonnace de Jacques Rouffio. Elle y a été ensuite nommée quatre fois.
Elle habitait le quartier de la Chataigneraie et était une citoyenne active et engagée.
Ses obsèques auront lieu aujourd'hui à Saint-Cloud.
A Romain et Jean-Christophe, ses fils, à ses petits-enfants, à sa famille, j'adresse mes sincères condoléances.

07 avril 2008

A Sèvres, une exposition sur Jean-Pierre Vernant à l'esc@le

Demain, mardi 8 avril à 19 heures, Vernissage de l'exposition sur Jean-Pierre Vernant, vu par les élèves des Arts Appliqués du lycée de Sèvres.
Jean-Pierre Vernant, historien et anthropologue français, spécialiste de la Grèce antique et plus spécialement des mythes grecs, professeur au Collège de France et l'un des héros de la Résistance a donné son nom au lycée de Sèvres. Il est décédé le 9 janvier 2007.
Exposition à voir du 8 au 19 avril à l'esc@le.

27 janvier 2008

Déposition d'Alter Fajnzylberg, mon père, le 15 mai 1945 à Cracovie

A la suite de la diffusion sur Arte d'un document sur les Sonderkommandos, plusieurs personnes m'ont demandé d'en savoir plus sur l'histoire de mon père. En ce jour anniversaire de la libération d'Auschwitz, je vous propose ce document autobiographique lors de sa déposition le 15 mai 1945 à Cracovie, en Pologne..
Je m'appelle Fajnzylber Alter, je suis fils de Chaïm et Sara Kobialkowicz. Je suis né le 23 octobre 1910 à Stoczek, district de Lukow, garçon de métier, j'ai habité à Otwoszk avant mon départ de Pologne, célibataire, sans confession, de nationalité Polonaise. Depuis mon enfance j'ai vécu à Otwoszk avec mes parents et mes nombreux frères et soeurs. En réalité, sans avoir appris aucun métier, mon père, depuis que j'en ai le souvenir, était toujours malade. Il est actuellement décédé, comme ma mère, tous deux morts à Treblinka. J'avais cinq frères et six soeurs.
Je n'ai pas fréquenté l'école, je suis autodidacte et j'ai appris seul à lire et à écrire.
Actuellement, je parle 7 langues, c'est-à-dire polonais, français, yiddish, russe, espagnol, tchèque et allemand.
À l'âge de 15 ans je suis rentré en apprentissage comme menuisier. Arrêté pour la première fois pour trouble par la police en 1926 lors d'une grève organisée par les syndicats et plus spécialement par le syndicat des menuisiers, j'ai été libéré quelques jours plus tard ; l'affaire a été radiée, le plaignant, un particulier, ne s'étant pas présenté à l'audience. J'ai été arrêté de nouveau le 11 mars, accusé d'aider le parti communiste. Cette affaire a été jugée par le tribunal d'instance de Varsovie qui m'avait condamné à un an d'enfermement en forteresse. Une fois sorti de prison, j'ai été condamné pour la troisième fois pour appartenance au parti communiste. Le juge d'instruction m'a donné injonction de me présenter à la police. Avant même la clôture de l'instruction, j'ai été arrêté pour la quatrième fois le 25 avril 1930, pour activité au sein du parti communiste. Cette affaire a été jugée en même temps que la précédente et j'ai été condamné par le tribunal d'instance de Varsovie à une peine de deux ans de prison ferme et déchu de mes droits pendant 10 ans. J'ai effectué cette peine à la prison de Leczyca.
Durant les années qui ont suivi, j'ai été arrêté à de nombreuses reprises pour des raisons politiques mais sans être condamné soit en raison d'amnistie, soit pour d'autres raisons, ce qui fait que j'ai passé en prison cinq ans au total. Après être sorti de cette prison, j'ai travaillé de nouveau comme serveur tout en m'adonnant à mes heures libres, à des activités sociales.
La guerre d'Espagne :
En 1936, au moment de l'éclatement de la guerre civile en Espagne, j'ai commencé mon action de mobilisation pour recruter des gens prêts à partir pour soutenir le gouvernement de Negrin. Début 36, je me suis mis en route pour l'Espagne, en passant par la Tchécoslovaquie, en compagnie de 50 autres camarades. Les trois premières tentatives ayant échoué, je ne suis parti qu'en mai 37, clandestinement et sans papiers, en passant par la Tchécoslovaquie, l'Autriche, la Suisse et la France.
En Espagne, je me suis enrôlé dans la brigade de Jaroslaw Dabrowski, au départ comme simple soldat et ensuite comme délégué politique. C'est en tant que tel que j'ai pris part aux combats au front pendant un an et demi, jusqu'au moment où j'ai été blessé. L'accord conclu par Negrin qui prévoyait de faire évacuer du front tous les combattants internationaux, m'a trouvé à l'hôpital. J'ai de nouveau rejoint le front pour défendre Barcelone qui avait fini par se rendre. Après avoir lutté dans la brigade de Dabrowski, j'ai traversé la frontière Française et déposé les armes.

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24 janvier 2008

Le témoignage de mon père, Alter Fajnzylberg, dans le documentaire qui sera rediffusé samedi sur Arte

Vous pourrez voir ou revoir samedi 26 janvier à 14 heures le documentaire Sonderkommando Auschwitz-Birkenau comsitué à partir de témoignage de déportés dans les Sonderkommandos, dont celui de mon père.
Chargés de faire fonctionner les fours crématoires, de très rares déportés des “commandos spéciaux” ont pu témoigner, bravant l’anéantissement programmé. Emil Weiss fait résonner à nouveau leurs voix défuntes.
Lorsque l’armée rouge pénètre dans le complexe concentrationnaire d’Auschwitz-Birkenau, le 27 janvier 1945, elle trouve les quatre fours crématoires dynamités par les nazis, qui ont cherché ainsi à effacer leurs crimes. Ce sont les Sonderkommandos, ces équipes spéciales de déportés sélectionnés par les SS, qui étaient contraints de les faire fonctionner. Témoins ultimes de l’extermination de leur peuple par la machine de mort des nazis, ils devaient mourir infailliblement au bout de quatre mois.
Mais quelques-uns parvinrent à survivre aux massacres et quatre d’entre eux – Szlama Dragon, Henryk Tauber, Alter Fajnzylberg dit Feinsilber dans le film, ainsi que le médecin Miklos Nyisli – purent témoigner devant les tribunaux de l’après-guerre. Dans les semaines, les mois qui suivirent, et même parfois plusieurs décennies après, plusieurs manuscrits rédigés en yiddish furent retrouvés, qui avaient été enfouis sous les cendres autour des crématoires : ceux de Zalmen Gradowski, Leib Langfus et Zalmen Lewental. Le premier, l’un des organisateurs du soulèvement armé des Sonderkommandos du crématoire 3, survenu en octobre 44, fut tué avec 451 de ses compagnons ; les deux autres furent exécutés deux mois avant la libération du camp. Comme les dépositions des survivants, ces manuscrits, rédigés dans l’urgence et en cachette, révèlent le mode opératoire de la “solution finale”, car l’angoisse de voir les nazis parvenir à effacer leur crime s’ajoutait à l’enfer vécu par leurs auxiliaires forcés. Ce qui rend ces mots soutenables, c’est le combat de leurs auteurs pour préserver leur propre humanité, exprimer leur douleur, décrire l’horreur. En arpentant aujourd’hui le camp d’Auschwitz-Birkenau, en scrutant les décombres des fours, les baraquements, les arbres qui ont poussé, Emil Weiss donne à entendre leurs voix défuntes

15 novembre 2007

Des sévriens partout, heureuse rencontre à Nantes.

En cette fin d'après-midi, j'attends un TGV dans la gare de Nantes plongée dans la grève.
Par chance celui-ci est programmé pour 18 heures. Je devise avec une collègue de l'OSE avec qui je viens de participer au congrès de l'Uniopss.
J'enteds une voix hésitante "Roger...!". Je me retourne et je reconnais le visage de Josette Tournerie et celui de son mari, Guy.
Des anciens amis sévriens, avec qui j'ai partagé de nombreuses joies et combats militants. Souvenez vous...
Josette était la fille de notre regrété Pierre Weyland, ancien élu municipal de Sèvres de l'équipe de gauche de 1971. Pierre, aux côtés de Georges Lenormand, communiste, de Jean Marel, socialiste et d'André Séguela, le conventionnel constituaient les quatres mousquetaires qui ont remporté la municipale alors.
A mon arrivée à Sèvres, en 1975, Pierre Weyland m'a fait connaitre et aimer son quartier du Bas de Sèvres, de la rue Troyon d'alors. Josette, sa fille, s'est engagée à mes côtés. Elle qui , avec Guy, avaient ouvert un commerce de vente et réparation de tondeuses et de matériels de jardinnage.
Puis, dans le cadre de la rénovation de la Zac Manufacture, ils avaient quitté Sèvres pour Mantes.
Désormais ils sont à la retraite et retirés dans l'ouest de notre pays.
Je ne les avais pas revu depuis des années, et il aura fallu le hasard de cette rencontre pour se revoir, comme si rien ne s'était arrété, que tout avait continué parcequ'il est vrai que ce que nous avions construit comme relations humaines à Sèvres, était fort et inoubliable.
On s'est échangé nos coordonnées et promis de se revoir.
A bientôt les amis!

24 septembre 2007

Marcel Marceau est mort, la Maison d'Enfants de Sèvres est en deuil.

La Société des Anciens de la Maison d'Enfants de Sèvres est en deuil.
Ainsi s'est exprimé Philippe Fleutot, Président de la Société des Anciens de la Maison d'Enfants de Sèvres. "Deux des plus anciens maillons de la chaîne qui relie les anciens dans le temps et dans l'espace nous ont quitté. Suzanne Fischer-Labrousse (72 ans) et Marcel Marceau (83 ans) sont morts à quelques jours d'intervalle.
Marcel était célèbre, Suzanne ne l'était pas mais leur disparition nous étreint et nous émeut avec la même force.
Ni leur âge, ni leur vie pleine de richesses partagées ne nous console de leur départ. Les obsèques de Suzanne ont lieu ce matin à Montlhéry. Celles de Marcel auront lieu dans quelques jours au Père Lachaise.
Marcel Marceau, de son vrai nom : Marcel Mangel avait pour totem "Kangourou" pendant la guerre, à la Maison d'Enfants de Sèvres.
Dans un livre d'entretiens avec Valérie Bochenek paru en 1996, Le mime Marceau, éditions Somogy, Paris, Marcel déclarait :
- Georges Loinger est un ami et un frère pour moi. Il avait remarqué mes dons pour le théâtre pendant les colonies d'été de ma tante et m'a trouvé une place de moniteur d'art dramatique dans une maison d'enfants à Sèvres [...].
- Quelles étaient les particularités de la maison d'enfants de Sèvres ?
- Elle abritait une centaine d'enfants chrétiens et juifs entre cinq et quinze ans, alors qu'il s'agissait du service social du maréchal Pétain. Ce centre accueillait les enfants en difficulté socialement ou de parent divorcés. La directrice était une femme héroïque, Madame HAGUENAUER, que nous surnommions "Goeland". Elle et son mari "Pingouin" abritaient clandestinement les enfants persécutés.
- L'histoire d'Au revoir les enfants de Louis Malle est donc un peu la vôtre ?
- Son film m'a bouleversé. Il suffisait d'une dénonciation et ces enfants n'existaient plus, Marcel Marceau non plus."


05 septembre 2007

Nelson Mandela reçu à l'Elysée par Nicolas Sarkozy

Le président français Nicolas Sarkozy a reçu, mardi 5 septembre au soir, Nelson Mandela et son épouse Graça pour un dîner privé à l'Elysée, en honneur du héros de la lutte contre l'apartheid.
Le Premier ministre François Fillon, le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, l'ancien ministre socialiste Jack Lang, l'homme d'affaires Vincent Bolloré, le publicitaire Jacques Séguéla et les secrétaires d'Etat Rama Yade (Affaires étrangères) et Jean-Marie Bockel (Coopération) ont été invités à dîner avec l'ancien président sud-africain.
Accueilli comme un chef d'Etat
Nicolas Sarkozy a remis à Nelson Mandela une série de photos de Jürgen Schadeberg sur la première campagne de désobéissance civile des noirs en Afrique du Sud, conduite par Nelson Mandela en 1952, selon l'Elysée.
L'ancien président sud-africain a dédicacé à Nicolas Sarkozy une photo le montrant lors d'une visite dans son ancienne prison quelques années après sa libération en 1990. Nelson Mandela est en visite privée pour trois jours à Paris. Nicolas Sarkozy l'a accueilli lundi à son arrivée à l'aéroport d'Orly dans un protocole digne d'une visite d'Etat.

19 août 2007

Vendredi 24 août, à 10 heures, 63 ans après, cérémonie de la Libération de Sèvres.

Mercierliberation
Les cérémonies de la libération de Sèvres et de Paris revètent dans notre commune une signification particulière puisque un détachement de la 2ème DB a progressé par Jouy-en-Josas, le terrain d'aviation de Villacoublay et les lisières du bois de Meudon, Clamart , le Bas Meudon et la rue Troyon. Dans son essai historique sur un quartier de Sèvres, Pierre Mercier qui a écrit l'Histoire des Bruyères parue aux Editions Une semaine à Sèvres nous raconte:
Nous reviendrons sur la Libération de Sèvres grâce aux détails puisés dans les relations militaires de la 2 ème DB et de ses chefs ou à l'aide d'historiens sur la Libération de Paris, à l'aide de souvenirs personnels ou de témoignages. Restons dans l'historique des Bruyères . Le contexte est connu: les Alliés ont débarqué en Normandie le 6 juin 1944 . Longue bataille de Caen, percée d' Avranches. Les Américains qui commandent l'Opération Overlord avaient prévu d'éviter Paris. Mais l'insurrection générale qui a lieu dans la capitale, sous l'impulsion des FFI et du Conseil National de la Résistance , ( malgré certains qui désirent attendre tranquillement les Alliés ! ) oblige Eisenhower à "foncer sur Paris" à la demande de de Gaulle, avec la 2 ème DB de Leclerc. Le groupement Langlade se fraie un chemin par Jouy , le terrain d'aviation de Villacoublay et les lisières du bois de Meudon, Clamart , le Bas Meudon et la rue Troyon. Il est 21 h 35 ce 24 août alors que les tanks de Massu arrivent au Pont de Sèvres en panne d'essence . Naturellement les habitants de Bruyères ignorent ces détails. Comment vivent-ils cette ultime journée d'occupation du jeudi 24 août 1944 ?

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