Dix ans après la tempête qui a ravagé les forêts françaises, le sculpteur de racines Dan Sprinceana risque d’être expulsé du parc de Saint-Cloud où il travaille explique Roberto Cristofoli dans l'édition 92 du Parisien.
Les artistes et admirateurs de Dan Sprinceana, 62 ans, sont invités aujourd’hui à lui rendre visite dans le parc de Saint-Cloud, lors d’un happening, pour tenter de renverser le sort et lancer l’idée d’un « musée des arbres » premier. Arrivé en France en 1977, après avoir quitté clandestinement la Roumanie de Ceausescu en franchissant le Danube à la nage, Dan Sprinceana obtient l’asile politique en France et devient sculpteur amateur.
La grande tempête de 1999 lui offre de la matière première, plus qu’il n’en faut, pour devenir professionnel.
L’homme, qui habite Ville-d’Avray, se présente au parc de Saint-Cloud pour exploiter artistiquement ces arbres déracinés et s’y installe en tant que professionnel il y a sept ans. « Des milliers d’arbres étaient couchés, je me suis dit qu’on pouvait artistiquement en faire quelque chose. »
« J’ai demandé sept fois une concession sans pouvoir l’obtenir »
Débute alors une carrière de sculpteur monumental, avec des pièces de plus de 2 t. Et les succès arrivent vite : « En 2005, 50 000 personnes se sont déplacées pour mon exposition au Sénat, rappelle-t-il. Et en novembre-décembre 2005, 40 000 personnes sont venues dans le parc malgré le mauvais temps pour l’hommage au sculpteur roumain Brancusi. » Installé dans une remise « qui ressemblait à une déchetterie quand je suis arrivé et que j’ai entièrement débarrassée », Dan Sprinceana accueille des stagiaires étrangers d’écoles d’art européennes. Avant que cette quiétude ne soit troublée par une épée de Damoclès aujourd’hui au-dessus de sa tête : l’expulsion. Le Domaine national de Saint-Cloud lui demande, par voie judiciaire , de quitter les lieux. « J’ai demandé sept fois par lettre recommandée à obtenir une concession et à payer un loyer sans pouvoir l’obtenir », déplore Dan Sprinceana. Le sculpteur de racines garde quand même un petit espoir de rester dans les lieux : « Le parc de Saint-Cloud n’est pas animé, pourquoi ne pas y créer un parc de sculptures monumentales ? »
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