Je viens d'apprendre le décès de Guy Ducoloné. cette nouvelle m'attriste car il représentait les convictions que nous avons partagé longtemps et qu'il a conservé malgré tout, même si le monde changeait autour de lui.
Le courage, il l'avait démontré dans les camps de concentration, où il avait acquis l'estime de ses camarades.
Depuis mon exclusion du PCF, en 1981, je ne l'avais revu qu'à une seule occasion, sur le site du camp de concentration de Buchenwald, à l'occasion des cérémonies du soixantième anniversaire de sa libération. Notre échange alors ne fut pas des plus détendus. Guy ne pouvait accepter que l'on quitte le parti tout en affirmant un idéal progressiste. Mais nous étions heureux de nous revoir.
Le souvenir plus ancien, c'était celui d'un dirigeant du parti, vice Président de l'Assemblée Nationale, député d'Issy-Vanves-Malakoff, candidat à de nombreuses reprises aux municipales d'Issy-les-Moulineaux, dont il a failli à plusieurs reprises gagner la majorité. j'avais participé à plusieurs de ses campagnes et j'avais beaucoup appris a son contact.
Il aimait la vie, savait plaisanter, respecter l'autre, mais inébranlable dès qu'il s'agissait de la défense de son parti. Un homme courageux, de conviction et attentif aux autres, y compris à ses concurents, surtout s'ils avaient participé à la résistance. Son respect pour les gaullistes était une des caractéristique dans son comportement .
Son éloquence, sa volonté de convaincre, ne rimaient jamais avec méchanceté. J'avais à l'époque beaucoup d'affection pour l'homme, de tendresse pour le couple qu'il formait avec Madeleine Vincent.
Ce matin, la fédération des Hauts-de-Seine du Pcf rappelle, à juste titre, ses propos lors de la commémoration du 50e anniversaire de la libération du camp de Buchenwald qui démontrent l’universalité et la modernité du combat qu’il a mené avec tant de courage et d’humanité : « Déportés de toutes les nations d'Europe, nous avons su, malgré la langue, malgré des heurts, nous entendre. Nous avons compris que l'adversaire n'est pas l'étranger. Ce n'est pas celui, celle dont la couleur de peau, des cheveux ou des yeux, la courbure du nez est différente. L'adversaire ne peut être que l'intolérance, le racisme, l'antisémitisme, la haine de l'autre. »
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