Première biennale de céramique contemporaine à Sèvres

Terre d’empreintes, tel est le titre de la première biénale de céramique contemporaine qui se tiendra du 16 mai au 8 juin à Sèvres, au Sel, 47 grande rue à l'initiative de l'association ArtCeram, terre d'empreintes dont l'objet est de promouvoir l’art autour de la céramique à travers la mise en place d’événements artistiques. Son siège social est situé place de la Manufacture-de-Sèvres, 4, Grande-Rue, 92310 Sèvres.
La manifestation est parrainée par la Manufacture de porcelaine, le Musée national de Céramique et la ville de Sèvres.
Je suis particulièrement heureux du développement de cette initiative pour avoir exposé au sein de l'association Sèvres Demain, que j'animais, les oeuvres de céramistes sévriens dont Manuel Cordel et Vincent Lallier.
La biennale de céramique contemporaine présentera 49 artistes: Emmanuel Arel, Gabrielle Baëcile, Christian Boaretto, Gil Browaëys, Franck Brunet, Yoland Cazenove, Agnès Chapelet, Manuel Cordel, Laurence Crespin, Dalloun, François Debien, Claire Debril, Edmée Delsol, Daniel de Montmollin, Tjok Dessauvage, Nathalie Domingo, Xavier Duroselle, Nathalie Fradet, Marie-Laure Guerrier, Chris Gullon, Armel Hédé, Guy Honoré, Jean-Luc Jourdain, Hélèna Klug, Pascal Lacroix, Christine Ladeveze, Vincent Lallier, Valérie Lebrun, Chantal Lumineau, Mireille Mallet, Anne Meunier, Ursula Morley-Price, Brigitte Moron, Isabelle Mouedeb, Gustavo Perez, Simone Perotte, Sylvie Rigal, Sylvestre Rivière, Daniela Schlagenhauf-Taghda, Hélène Sellier-Duplessis, Laure Sulger-Libessart, Haig Tcherkezian, Michel Tequi, Dominique Thomas, Wen Tien, Beatriz Trepat, Franck Turzo.
Invités d’honneur, la japonaiseSonoko Hakariya et la français Claude Champy.
Le samedi 24 mai 2008 à 14h30, au Sel Daniel de Montmollin, frère de la communauté de Taizé et céramiste de renom prononcera une conférence. Celui qui est Frère Daniel de Taizé est agé de 84 ans.
Il a été l’un des premiers compagnons de Frère Roger, le fondateur de cette communauté œcuménique en Bourgogne. Loin de sa formation initiale de théologien, c’est pourtant aux labours, à la maçonnerie et à la cuisine que Frère Daniel consacre ses premières années à Taizé. Et puis, c’est le coup de foudre pour la céramique, ce jour de 1950, quand il passe la porte d’un atelier de potier.
L’apprentissage a été long, très long… mais de fil en aiguille, de pot en assiette, Frère Daniel est devenu un expert, un artiste de renom dans le monde de la céramique, notamment au travers de ses recherches sur les émaux. De la cendre de maïs pour créer des couleurs bleues, des cendres de pommier pour une palette dans les verts…Frère Daniel explique que le céramiste établit une triple alliance : avec la nature d’abord, avec lui-même et enfin avec autrui.
Claude Champy, lui est né en 1946, étudie à l'Ecole des métiers d'art de 1964 à 1968, dans l'atelier de Pierre Fouquet. De 1970 à 1973, il est chef d'atelier dans une faïencerie de Clichy. A partir de 1974, Champy décide de se consacrer à sa passion : le grès émaillé à haute température dans un four à bois. Et déclare qu'il est avant toute chose un potier.
Claude Champy maîtrise à un niveau exceptionnel de qualité et de savoir-faire aussi bien le monde des formes que celui de l'émail, et cela en une osmose parfaitement inédite. Les formes de ses vases double-paroi, de ses coupes ou de ses boîtes qu'il affectionne particulièrement sont le produit d'un violent corps-à-corps avec la matière. Il la pétrie, la laboure, la lacère jusqu'à son point de rupture en une pétrification des formes qui renvoie aux accidents telluriques qui secouent le monde. Chaque pièce est le témoin d'une mise en danger de l'artiste et de son œuvre. Chaque pièce est émaillée avec le soucis d'éviter toute idée de décors, au profit d'un univers aléatoire qui dialogue avec la nature aussi bien au niveau de ses petites unités que de ses grands mouvements.
Une céramique de Claude Champy ne se donne pas immédiatement. Pour l'amateur peu averti, elle est un défi à relever, car elle oblige à une remise en question de son propre goût, par l'évidente qualité qu'elle dégage. Elle oblige à un apprentissage, qui s'avère très vite une véritable source de joie et de plaisir.Depuis plusieurs années, six amoureux de la céramique avaient l’envie de créer un événement pour la céramique, à Sèvres. Pour mener leur idée à bien, ils créèrent ArtCeram. Tous exposeront leurs œuvres. Deux d’entre eux sont Sévriens : Vincent Lallier, tourneur de porcelaine à la Manufacture et trésorier de l’association, Manuel Cordel, trempeur et émailleur à la Manufacture et président de l’association. Parmi les auxtres exposants se trouvera aussi Nathalie Domingo, céramiste d’art à Sèvres.
« Sèvres est réputée à travers le monde pour la perfection de sa fabrication et pour ses recherches sur la porcelaine. Mais, paradoxalement, peu de choses sont organisées pour le public en dehors du musée et de la Manufacture. Notre but premier est d’initier les habitants de Sèvres et sa région à la création de céramique française, européenne et internationale. Celle-ci ne se limite pas à la porcelaine. On assiste aujourd’hui à une explosion de nouvelles techniques et tendances créatrices qui ont entraîné une élévation considérable du niveau de production » expliquent les organisateurs. Le projet de cette biennale est de suivre de manière régulière, tous les deux ans, cette floraison de créations. Et en même temps, l’œil du public ne pourra que s’éduquer pour reconnaître des céramiques de qualité, alors que cet art reste encore en France insuffisamment reconnu.

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