Se souvenir de la Shoah
Aujourd'hui je souhaite attirer l’attention des lecteurs de ce blog sur la commémoration de la Shoah, 63 ans après la fin de la Deuxième guerre mondiale au cours de laquelle l’Europe a été le théâtre du plus abominable des crimes perpétrés contre l’humanité. Souvenons nous des six millions de Juifs qui périrent dans les ghettos de Varsovie ou de Bialystok, dans les fosses creusées sur les collines de Babi Yar, dans les camps de Treblinka ou de Majdanek. Un jour pour se souvenir, et méditer.
Présent à la Marche des Vivants, à Auschwitz, le Chef d’Etat major de l'armée israélienne Gaby Ashkenazi a déclaré devant les 12.000 participants qu’Israël prenait très au sérieux les appels lancés pour la destruction de l’Etat juif, faisant allusion aux menaces formulées par le Président iranien.
Mercredi 30 avril, à Yad Vashem, le Premier Ministre israelien a rappelé que « ceux qui nient l’Holocauste sont ceux qui refusent de reconnaître la légitimité d’Israël ». La négation de la Shoah, particulièrement en vogue dans certaines régions et pays du Moyen Orient, participe même d’une stratégie de délégitimation d’Israël.
Le négationnisme iranien est connu, sa logique aboutit à « rayer Israël de la carte ». Les Palestiniens du Hamas développent à leur tour des théories similaires.
Sur Al-Aqsa TV, la chaîne de télévision du Hamas, un documentaire consacré à l’Holocauste a été diffusé le jour anniversaire de la Révolte du Ghetto de Varsovie. Ce documentaire défend la thèse selon laquelle les Juifs auraient planifié et perpétré « leur Holocauste » dans le but de débarrasser leur « nation » du « fardeau que représentaient les faibles et les handicapés »…
Les commentaires sont particulièrement abjects, « David Ben Gourion et les juifs sataniques ont mis en place un complot diabolique, accusant ensuite les Allemands de crime contre l’humanité pour mieux s’attirer la sympathie internationale » et donc revendiquer la création d’un Etat juif. Interviewé dans le film, le directeur du « Centre Palestinien de Recherche Stratégique », Amin Dabur, déclare que « l’Holocauste est une blague, un plan juif destiné à rendre la jeunesse israélienne plus forte et ambitieuse, la figure des six millions de victimes juives n’est que propagande ».
Les théories sur le « mensonge d’Auschwitz » ne sont pas réservées aux révisionnistes d’extrême droite en Europe ou en Amérique du Nord. Il faut aussi s’employer à les combattre à Téhéran, Gaza ou Damas.
De ce point de vue, le courage politique du Président de la République est à saluer. Après avoir décoré Marek Edelman, un des responsables de l’Insurrection du Ghetto de Varsovie, de l’ordre de Commandeur de la Légion d’honneur le 15 avril dernier, Nicolas Sarkozy a rappelé lors de sa visite à Tunis le 30 avril que « la France ne transigerait pas avec la sécurité d’Israël, parce qu’il y a la Shoah, parce qu’il y a l’histoire du 20ème siècle, et parce que c’est un fait politique majeur ».
Appelant tous les pays concernés à adhérer à l’Union pour la Méditerranée, Nicolas Sarkozy a proposé à Tunis un « rendez-vous historique » que ni la Libye ni la Syrie ne doivent manquer. Il ne s’agit ni plus ni moins d’un appel à la normalisation des relations entre les Etats de la région.
En Israël, la question de la paix avec la Syrie est à l’ordre du jour. Mais comment envisager une sécurité durable avec Damas si Bachar El Assad ne renonce pas à « dialoguer » avec l’Iran, le Hamas ou le Hezbollah libanais ?
La paix avec les Palestiniens est aussi inscrite à l’agenda des Américains. Condoleezza Rice sera le 3 mai en Israël pour faire le point sur l’avancée des négociations, alors que des pluies de Qassam tombent sur le Néguev occidental.
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