Les artistes de La Générale s'intègreront ils dans le tissus artistique sévrien?
Thomas Heteau rend compte ce matin dans Le Parisien de l'animation culturelle qui règne à nouveau autour d'une initiative avant gardiste, telle que Sèvres en a déja vécues dans le passé et que j'avais saluée en son temps, lorsque le Ministère de la Culture avait proposé cette sortie de crise au conflit opposant le Squatt de la Générale aux pouvoirs publics.
La question qui est posée est maintenant de savoir si ce lieu sera perreinisé et si les artistes comme la ville de Sèvres prendront des initiatives pour intégrer La Générale à la vie artistique locale? A mon sens, chacun aurait à y gagner.
Des bouteilles de bière abandonnées à même le sol, des cendriers disposés dans chaque recoin et un décor digne du prochain volet de la saga américaine « Saw ». C'est dans cette ambiance un peu particulière que sont installés depuis près d'un an les membres du collectif de la Générale. Une association d'artistes en tout genre donnant aux 3 000 m2 de la Manufacture de Sèvres des airs d'atelier en perpétuelle évolution.
« On vient ici pour une semaine ou un mois »
« C'est un centre d'art transdisciplinaire, explique Pierre, un des fondateurs de l'association. On vient ici
pour une semaine ou un mois, tout dépend du projet de l'artiste. Le but est de profiter de l'espace offert par les lieux et de laisser la place ensuite. » Un principe qui a vu le jour au mois de février 2005, lorsque le
collectif investit un ancien immeuble de l'Education nationale dans le quartier parisien de Belleville.
Les jeunes artistes veulent y créer une nouvelle vision du squat, entre culture underground et expo grand
public. Mais quelques mois plus tard, ils sont sommés de quitter les lieux.
« La Drac (Direction régionale des affaires culturelles) nous a alors proposé la manufacture, se souvient le jeune vidéaste. Nous étions tous d'accord. » Sur les cent artistes présents à Belleville, ils sont entre 60 et 80 à déménager à Sèvres. Des plasticiens, des musiciens ou des cinéastes venus préparer une exposition, mettre la dernière touche à leur composition ou simplement faire des rencontres.
« Je suis arrivée au début du mois de mars, c'est Pierre qui m'a proposé une résidence, raconte Anaïs, 25 ans. C'est très difficile de vivre sa vie d'artiste, seule dans son coin. Ici, on rencontre beaucoup de monde, il y a un brassage important. Ça nourrit la créativité. » Une fois le travail achevé et avant de quitter les lieux, l'artiste passe à l'ultime étape : l'accrochage.
« C'est l'autre but de ce squat, observe Pierre. Nous organisons régulièrement des expositions, des concerts ou des pièces de théâtre pour montrer à l'extérieur le fruit de notre travail. Mais il ne faut pas oublier que nous sommes tous bénévoles. Certains ont une activité professionnelle à côté. Ils sont intermittents du spectacle ou travaillent dans l'alimentaire… chacun se débrouille comme il peut. »
Seul point commun, des conditions de travail idéales et un lieu d'échange incomparable qu'offre la manufacture. Mais jusqu'à quand ?
Ils le savent, leur bail arrive à échéance au mois d'octobre, et ne sera peut-être pas renouvelé.
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