Conseil général des Hauts-de Seine: évolution ou rupture?
Florence Hubin rend compte dans Le Parisien, ce matin, des décisions prises concernant la coopération décentraliée du département des Hauts-de-Seine.
Mais non, ce n’est «pas une rupture ! Simplement, les choses évoluent et le monde a changé. Il ne faut pas y voir malice…»
Hier après-midi, enmarge de la séance du conseil général consacrée au budget, Patrick Devedjian, le patron UMP des Hauts-de-Seine, s’est défendu de vouloir rompre de façon ostensible et symbolique avec
l’ancienne politique départementale de Charles Pasqua.
Pourtant, après avoir fait voter une grosse baisse de subvention pour l’université Léonard-de-Vinci (la fameuse fac Pasqua), Patrick Devedjian a fait adopter à l’unanimité un rapport qui signe l’arrêt de mort de la SEMCoopération 92, chère à « Pasqua l’Africain ».
Avec une enveloppe de 2 millions d’euros, le département reprend désormais à son compte la politique de
solidarité internationale vers les pays d’Afrique et d’Asie. Cette mission était jusqu’à présent remplie par la
société d’économie mixte (spécialisée dans les domaines de l’eau, de la santé et de l’éducation) que le conseil général subventionnait.
Hier, l’élu communiste Patrice Leclerc analysait la décision du président des Hauts-de-Seine de plusieurs façons : « Contrairement à d’autres,Devedjian n’a pas besoin de travailler un réseau en Afrique… Et par ailleurs, il est très à cheval sur le droit : tout ce qui peut apparaître comme limite, il s’en débarrasse. »
« J’ai souhaité revoir le concept pour que l’on se concentre sur les pays les plus pauvres »
La SEM a en effet fait l’objet de plusieurs polémiques ces dernières années.
Les opposants socialistes et le Vert Vincent Gazeilles avaient démissionné en 2005 de son conseil d’administration, dénonçant « le manque de transparence » ou encore « le salaire mirobolant du directeur ». Nicolas Sarkozy, alors président du département, avait lui aussi donné sa démission en juin 2005, sans réelle explication mais au moment où la SEM allait faire l’objet d’investigations judiciaires. Des investigations qui n’ont pas donné de suite.
« J’ai souhaité revoir le concept pour que l’on se concentre sur les pays les plus pauvres, en travaillant dans la durée et en partenariat avec les acteurs et les villes du département (par exemple Suresnes et Haïti) », a précisé en séance le président, qui a cité le mauvais exemple de l’action au Tchad pour justifier sa position. La SEM Coopération avait construit dans ce pays un lycée qui a manqué par la suite du matériel de base comme les stylos et les cahiers…
Ces aides de solidarité, les élus veulent désormais les choisir euxmême, sans laisser la SEM décider seule et demander au conseil général de payer : « Le département finance des projets. Il doit les concevoir et faire des appels d’offres.
Ensuite, c’est à la SEM d’y répondre. Et non pas l’inverse », rappelle Patrick Devedjian.
Le patron des Hauts-de-Seine propose également au personnel de la « SEM Coopé » (moins d’une dizaine
de personnes) d’intégrer les effectifs du conseil général. Privée de subvention, vidée de ses salariés, elle
pourrait cesser d’exister. Mais Patrick Devedjian refuse d’y voir là un symbole politique : « Elle a fait de
beaux projets, du bon travail. Mais il faut se recentrer sur les questions fondamentales que sont la lutte contre la faim et l’extrême pauvreté. »
Il préfère répondre aux besoins vitaux plutôt que de se lancer dans des expériences plus hasardeuses : « J’ai
vu un projet qui consistait à former une policemunicipale dans un pays africain… »
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