Majorité présidentielle

Les commentaires récents

Blog powered by TypePad
Membre depuis 10/2004

« Législatives partielles, A Clamart, Chatillon, Fontenay et Le Plessis le second tour confirme le premier. | Accueil | Le plan Banlieue présenté. »

08 février 2008

Le colloque consacré à la voie progressiste: un succès prometteur.

Comme je l'écrivais ici, il y a quelques jours, le colloque organisé à l'initiative des Progressistes a de l'avis général des observateurs, marqué les esprits et les journalistes présents ont, dans les conversations off, noté le sérieux, et le succès de la manifestation.
Comme je le disais à mes amis, cette manifestation réussie, contribue à nous faire passer du statut d'ex à celui de promotteurs du centre gauche en France, s'appuyant sur un réseau européen et mondial de celles et ceux qui, issus du mouvement socialiste et progressiste dans le monde souhaiteront se rassembler, se retrouver et avancer ensemble.
Je vous propose les principaux points évoqués par Eric Besson dans les conclusions introductives au discours de Tony Blair et à l'intervention du Premier Ministre, François Fillon, avant que les invités et les organisateurs se retouvent à l'Elysée, à l'invitation de Nicolas Sarkozy. un Nicolas Sarkozy, heureux que sa gauche progressiste donne de la voix et s'inscrive solidairement de plain pied dans l'action de la majorité.

Discours de clôture du Colloque La Voie Progressiste prononcé par Eric Besson, seul le prononcé fait foi
I / Ce colloque ne constitue pas un événement éphémère. Il traduit une démarche de longue haleine, il s’inscrit dans la lignée d’une certaine vision du progrès.
Comme je l’ai souligné en introduction ce matin, ce qui se joue, dans ce colloque, c’est le lancement d’un réseau d’hommes et de femmes de centre-gauche, qui veulent réfléchir sur la régulation du capitalisme et sur la mondialisation, et qui veulent agir ensemble.
Il s’est agi aujourd’hui de commencer à apporter des réponses aux questions suivantes, que je rappelle rapidement :
- Comment concilier l’insertion dans la mondialisation avec un haut niveau de protection sociale, et même de justice sociale ?
- Comment se plier à l’exigence d’adaptation sans laisser au bord de la route les personnes les plus fragiles ?
- Comment s’inscrire résolument dans la réforme tout en restant fidèles à des convictions de gauche ?
- Comment adapter l’action de l’Etat aux défis de notre temps sans s’en remettre aveuglément au jeu du marché ?
Ces questions ne peuvent pas être traitées grâce à ce seul colloque. Elles demandent à s’inscrire dans une réflexion de long terme.
- C’est pourquoi aujourd’hui nous nous situons -nous avons l’ambition de nous situer - dans la continuité des sommets progressistes qui ont été organisés par Tony Blair.
- C’est pourquoi, aussi, ce colloque sera suivi par d’autres réunions, peut-être sur la base de trois rencontres par an, permettant à un mouvement progressiste de se constituer sur une échelle internationale. Comme j’en faisais l’annonce ce matin, M. Unger, ministre brésilien de la stratégie, nous invite à une réunion au Brésil au printemps. J’espère aussi que d’autres réunions pourront se tenir dès l’automne à Londres.
Il s’agit, par ce processus de long terme, d’essayer de structurer, peu à peu, entre hommes et femmes de centre gauche des cinq continents, une vision commune du monde, de définir des propositions pour le réformer et le rendre plus juste.


Ce colloque doit d’autant moins être perçu comme un événement ponctuel qu’il revendique son insertion dans une histoire des idées. Dans quelle lignée nous situons nous ?
- D’une part, nous nous voulons les héritiers du progressisme.
- D’autre part, nous avons fait le choix de l’action, du mouvement, de l’adaptation.
L’héritage du progressisme
Il n’est pas dans mes intentions de me lancer dans une théorie sur l’histoire des idées politiques - prétention que vous ne me pardonneriez sans doute pas après une journée entière de débats sur des thèmes difficiles. Néanmoins, je voudrais souligner l’importance de la notion de progrès pour la famille de centre gauche.
Se revendiquer du progrès suppose pour moi deux dimensions essentielles.
- D’une part, cela demande de se reconnaître dans un mouvement d’idées dont l’origine remonte aux Lumières. Cela implique de croire, comme les Encyclopédistes, aux vertus de la diffusion du savoir, de croire que l’accès à la connaissance est une condition de l’amélioration et de la promotion de chacun. Et quitte à paraître désuet, cela suppose, selon moi, de croire en l’émancipation intellectuelle, de ranimer en quelque sorte l’idéal d’instruction de Condorcet. Cela suppose de croire en la perfectibilité de l’homme et aux vertus de la Raison.
- D’autre part, se revendiquer du progrès implique, dans le même temps, vouloir que celui-ci ne reste pas uniquement dans l’ordre du savoir et de la raison, mais se traduise par des améliorations concrètes, non seulement par le développement de la technologie, mais aussi par des gains en termes de productivité et de bien-être. Croire au progrès, c’est vouloir que, dans les faits, chaque femme, chaque homme, ait les moyens de son épanouissement personnel, que chacun puisse réaliser son potentiel, puisse exploiter ses talents. Quel gâchis individuel et quelle perte pour la collectivité, qu’une situation où les plus talentueux seraient écartés de l’exercice des responsabilités. Cette profession de foi progressiste implique selon moi d’insister sur deux points.
D’abord, l’idéal de progrès doit porter aussi bien sur l’échelle individuelle que sur l’échelle collective. Il faut, d’une part, permettre à chacun d’accéder à l’éducation et à l’émancipation intellectuelle, faire en sorte qu’il ait les outils de son propre destin individuel. D’autre part, il faut faire en sorte que l’évolution des savoirs et des techniques diffuse dans l’ensemble de l’économie et de la société, qu’elle se traduise par une plus grande efficacité dans la production et un plus grand bien être collectif.
Ensuite, il s’agit de veiller à ce que le progrès n’engendre pas ses propres déséquilibres, ses propres menaces. Foi du progrès ne signifie pas vision béate du progrès, notamment du progrès technique. L’histoire nous a appris que celui-ci peut se traduire par des risques pour l’homme. Se revendiquer du progrès implique donc de veiller à ce que la recherche, l’innovation, la science soient mises au service du développement humain.
Le mouvement, la réforme, le changement
Non seulement nous revendiquons un idéal de progrès, mais aussi nous nous prononçons sans hésitation pour la réforme et le changement - le changement, qui était un des thèmes majeurs du discours qu’a prononcé Tony Blair le 12 janvier dernier.
Le changement et le mouvement sont nécessaires car, face à la mondialisation, ceux qui restent immobiles jouent perdants. Ceux qui cherchent à s’adapter, à innover, à investir de nouvelles activités ont des chances de tirer leur épingle du jeu.
Mais cela ne signifie pas qu’il faille uniquement chercher à mieux s’insérer dans les échanges mondiaux et être le plus flexible possible face à des lois supposés intangibles du marché.
Comme le disait également Tony Blair dans le même discours du 12 janvier : « Nous devons accepter la réalité de la mondialisation, mais nous ne sommes pas obligés d’accepter que nous ne pouvons rien faire pour en rendre les conséquences positives ou négatives ».
Etre progressiste, c’est essayer d’améliorer les règles du jeu tout en considérant la mondialisation comme un fait. Un fait sur lequel il s’agit d’agir. C’est, par exemple, réfléchir à une gouvernance plus efficace, plus harmonieuse de l’économie sur une échelle mondiale. C’est se situer dans le cadre de l’économie de marché tout en cherchant à en corriger les déséquilibres, tout en n’abdiquant pas la volonté d’aider chaque homme et chaque femme à avoir la maîtrise de sa destinée.
II / Des pistes pour l’avenir
D’abord, quelques réflexions sur le rôle spécifique à assumer par l’Europe
Je me dis, au terme de ce colloque, que l’Europe a sans doute un rôle particulier à jouer dans la régulation de la mondialisation et dans la promotion des réformes.
Souvent, la manière d’évoquer l’Europe dans la mondialisation est un peu caricaturale. Elle se réduit un conflit entre une vision de l’Europe « forteresse » ou une vision de l’Europe « cheval de Troie de la mondialisation ».
Sans vouloir nier l’importance de ce débat - qui renvoie à la question de l’ouverture, plus ou moins équilibrée, des grandes zones du monde au commerce international - je voudrais souligner avec vous qu’il n’épuise pas la manière de penser les rapports entre l’Europe et la mondialisation. L’Europe peut infléchir la mondialisation, et ce au moins de deux manières.
D’une part, l’Europe peut certainement constituer un laboratoire de la réforme. Ce matin, je faisais mention de l’utilité des échanges de bonnes pratiques pour nous permettre de mieux calibrer et de mieux mettre en œuvre les réformes. Précisément, l’Union européenne peut contribuer à un apprentissage en commun en ce domaine. C’est d’ailleurs un des enjeux de la « stratégie de Lisbonne ».
D’autre part, l’Europe contribue certainement à fixer des normes au niveau mondial, à faire évoluer nos préférences collectives à l’échelle de la planète. Elle le fait déjà en matière environnementale, en se fixant des objectifs ambitieux en matière d’émission de gaz à effet de serre ou de part des énergies renouvelables dans le bouquet énergétique. D’une certaine manière, l’Europe peut avoir pour vocation de donner l’exemple.
Le besoin d’une gouvernance de la mondialisation : l’exemple de la finance
Il ne faut pas se voiler la face. La mondialisation apporte son lot d’opportunités. Elle fait naître également de nouveaux risques. Je voudrais prendre un exemple concret des problèmes qui se posent.
Les turbulences financières de la période récente nous rappellent qu’une plus grande fluidité dans la circulation des capitaux - utile pour permettre à l’épargne d’aller financer les activités les plus innovantes et les plus prometteuses - peut s’accompagner d’une plus grande volatilité, d’une plus grande vulnérabilité à des crises qui, à l’origine, naissent uniquement de dysfonctionnements internes au monde de la finance.
Le problème ici peut s’énoncer ainsi.
- Comment éviter que la météo propre à la finance ne dégénère en changement climatique dans la sphère réelle ?
- Comment faire en sorte que les efforts de tous ceux qui travaillent, innovent et investissent dans une activité productrice ne soient pas balayés en quelques jours par des secousses financières ?
Dans ce domaine, la position des autorités publiques est délicate.
- A chaud, il leur faut jouer le rôle de pompier. Ceci consiste parfois à ouvrir en grand le robinet des liquidités, comme vient de le faire la Réserve fédérale américaine, et, surtout, à rassurer.
- A froid, la tentation est grande de se dire que les mauvais jours sont passés et de reporter à plus tard les ajustements nécessaires. Or les événements récents prouvent qu’il y a besoin de réglementation, et peut-être d’une gouvernance de la sphère financière, organisée de façon internationale.
III / Pour conclure, et avant de céder la parole à Tony Blair et à François Fillon, je voudrais à nouveau remercier tous les participants à ce colloque, qu’ils aient été des intervenants des tables rondes ou qu’ils aient participé depuis le public. Je voudrais également adresser un message à chacun des deux orateurs qui vont clôturer ce colloque.
D’abord, je voudrais souligner à quel point ce colloque n’aurait sans doute pas pu se tenir sans Tony Blair. Non seulement parce qu’il a, en quelque sorte, par ses sommets progressistes, la paternité du mouvement d’idées que nous cherchons à promouvoir. Mais aussi parce qu’il a eu la gentillesse de confirmer dès décembre sa participation à notre réunion d’aujourd’hui. Je voudrais, Tony, vous adresser mes sincères remerciements : votre présence a été déterminante dans le mouvement d’intérêt qu’a suscité notre initiative.
Plus fondamentalement, parce que vous avez su faire, le choix du mouvement, le choix de l’offensive, vous êtes l’une des figures les plus marquantes du progressisme.
Ensuite, je voudrais remercier le Premier ministre, François Fillon, pour sa présence et pour son intervention. Peut-être, probablement même, ne se reconnaîtra-t-il pas tout à fait dans le progressisme de centre gauche dont j’ai essayé d’esquisser les grands traits. Encore que ! Entre le gaullisme social et le progressisme de centre gauche, les passerelles sont plus importantes que ne le laisserait penser une lecture hâtive de l’échiquier politique.
Ce qui nous rassemble aujourd’hui, c’est la conviction de la nécessité de la réforme, celle qu’il met en œuvre à la tête du gouvernement.
J’ai eu l’occasion de le dire ces derniers jours. Ce n’est pas parce que la mer grossit et que le vent se lève que le cap n’est pas bon. Je crois qu’il faut maintenir, en France, le cap de la réforme.
Merci, chers amis, pour votre présence, pour nos travaux, pour cette première pierre posée ensemble pour l’édification du temple laïque du progressisme. La Sorbonne, c’était bien. Le Brésil, ce pourrait être au moins aussi bien.
A bientôt."

TrackBack

URL TrackBack de cette note:
http://www.typepad.com/t/trackback/179777/25928326

Voici les sites qui parlent de Le colloque consacré à la voie progressiste: un succès prometteur.:

Commentaires

Poster un commentaire

Si vous avez un compte TypeKey ou TypePad, merci de vous identifier

Ma Photo

juillet 2008

lun. mar. mer. jeu. ven. sam. dim.
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      

Les sites sévriens

Municipales 9 et 16 mars 2008

Les sondages sèvriens

Les autres sites d'Ile-de-France

Des sites militants