Assemblée générale extraordinaire de l'association Sèvres Demain
Une assemblée générale extraordinaire de l'association Sèvres Demain s'est déroulée hier soir, mercredi 25 avril à la suite de ma décision personnelle de m'engager en faveur de Nicolas Sarkozy.
J'avais remis, entre les mains du bureau de l'association, mon mandat de président.
Ouvrant la réunion, Françoise Russo-Marie, sa vice-présidente a lu la déclaration que je souhaitais faire connaitre aux adhérents et amis de l'association.
Un débat s'en est suivi aucours duquel l'association a choisi de se transformer en une association qui portera un nouveau nom, estimant que le nom de Sèvres Demain était lié à l'action que je mène depuis plusieurs décénies à Sèvres.
Voici les termes avec lesquels je me suis adressé aux adhérents et sympatisants de Sèvres Demain:
Chers amis,
J’ai tenu à vous adresser ce message, car je ne serais pas présent à l’occasion de l’assemblée générale de ce soir.
Bien que j’eu souhaité pouvoir confronter avec chacun d’entre vous, nos analyses sur le choix du prochain Président de la République, je constate, au vu des réactions sur ma prise de position en faveur de N. Sarkozy, que la sérénité n’est pas garantie aujourd’hui.
L’ordre du jour de la réunion appelant une réflexion sur le choix du prochain président de Sèvres Demain et sur l’action de l’association que j’ai crée en 1982, aidé par plusieurs d’entre vous, j’ai estimé néanmoins naturel de vous transmettre ce message.
Nous aurons le temps de revenir sur ces questions, dans les prochains mois, en prenant le temps de la discussion, si vous le voulez bien.
1. Je veux simplement vous dire que je me suis engagé après mure réflexion et avec la certitude que l’orientation de la campagne du PS n’était pas la bonne et convaincu que le résultat du processus qui avait mené à la désignation de Ségolène Royal était un marché de dupes.
Je ne parlerai pas des candidatures diverses des courants trotskistes, altermondialiste et de celle, issue de « feu » le parti communiste - qui a porté pendant des décennies des espoirs populaires dans lesquels j’ai longtemps cru, et des crimes inexcusables que j’ai contribué à couvrir pendant trop longtemps - et qui a désormais presque achevé sa mission progressiste.
Force est de constater que les valeurs de gauche appellent aujourd’hui des réponses nouvelles qui ne peuvent simplement résulter d’inflexions tactiques de la part de dirigeants obnubilés par le positionnement personnel en vue de l’échéance électorale suivante.
Ce travail n’a pas été fait depuis des années et l’échec de 2002 n’a pas donné lieu à une mise à plat indispensable.
La gauche ne permet pas actuellement la mise en chantier d’une refonte du débat des idées. La gauche n’a jamais été aussi pauvre dans la production d’idées et d’analyses que ces derniers temps.
Les partis de gauche aujourd’hui ne sont pas prêts à gouverner le pays. Ils ne sont pas prêts à répondre aux défis des enjeux intérieurs, ni des enjeux européens ni de la mondialisation des relations et des échanges ni à la question du nouvel ordre international qui doit succéder à la confrontation est-ouest et à la domination du modèle américain qui a pris possession des vides laissés par la disparition, sur pied, de l’autre.
2. La présidentielle se déroule dans un pays confronté à de vastes et importants enjeux. La société française va mal et les risques qui pèsent sont importants.
Dans ce contexte, j’ai choisi de privilégier l’intérêt national en acceptant l’idée que pour les cinq ans qui viennent je préfère avoir à la tête du pays un homme de droite capable plutôt qu’un représentant de la gauche, dont je ne sens pas la propension à pouvoir prendre en main les affaires.
Il ne suffit pas d’être une femme, ce qui constituerait un fait positif, pour répondre aux enjeux du moment.
J’ai toujours constaté qu’à des moments cruciaux, des alliances larges étaient souhaitables pour répondre aux enjeux de la période.
On peut être de gauche et nouer des alliances. Certes, les responsables ou militants de gauche engagés dans la même démarche que moi ne sont pas encore nombreux, mais plus peut être que vous le pensez..
Certes le risque existe d’échouer, mais je pense qu’avec Ségolène et l’état du Ps, le risque est aujourd’hui bien plus grand.
3. Voila ce dont j’aimerais parler avec vous, sur la base du respect que des militants de gauche qui ont tant fait ensemble se doivent et de la considération mutuelle que nous nous devons.
Je regrette que ces principes soient malmenés dans notre communauté de gauche sévrienne aujourd’hui.
Qui a le droit de mettre en cause mes engagements et mes valeurs progressistes ?
Qui a l’autorité morale pour dire que ma prise de position est le fruit de contrepartie ou de marchandage d’intérêts personnels ?
Depuis trente ans je me suis fixé une règle de conduite, celle de dire ce que je ferais et de faire ce que je dis. Je continuerais !
C’est sur la base de cet engagement que je me suis positionné et après plusieurs années d’action locale intense dans laquelle vous m’avez accompagné, et j’en remercie tous ceux qui se sont engagés avec moi en 2006.
J’ai recueilli 9% des voix à la cantonale partielle, il y a un an. Nous avions dit, à l’époque, que le résultat était bon dans un contexte de vote utile. Lorsque l’on voit comment, verts, pc et autres ont été laminés sur l’autel du vote utile dimanche dernier, je me dis que mon résultat, le notre, a été superbe.
Je sais que la plupart des amis de Sèvres Demain ne partagent pas mon analyse et mon choix. Donnons-nous le temps d’en reparler et de retrouver le chemin de la sérénité, si vous le voulez bien.
Sachez que je serais toujours actif dans notre commune, disponible pour contribuer au débat des idées et à la qualité de la vie quotidienne de ses habitants.
Je vous prie de croire en mon amitié sincère.
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