Sèvres:La fin de la cite artisanale
Le quotidien Le Parisien sous la plume de Sylvain Merle écrit ce matin que malgrè la mobilisation de près de 300 architectes du monde entier, la cité artisanale Candilis, Josic et Woods ne sera pas sauvée. Seul sera conservé un module de ce modèle « darchitecture proliférante » des années 1960 situé dans les hauts de Sèvres. Le reste sera bel et bien détruit pour laisser la place à une maison de retraite et à des logements.
Les premiers travaux de désamiantage ont déjà commencé et les bâtiments sont peu à peu dépecés.
« On commence à désosser les câbles, ça y est, c'est la fin », se lamente Pierre Lagard, architecte sévrien qui avait sonné le tocsin. Catastrophé de découvrir un permis de démolir devant l'ensemble, il a alerté sa profession en août dernier afin de tenter de sauver « ce petit chef d'oeuvre ». Sollicité pour un éventuel classement — seul susceptible d'arrêter l'opération immobilière puisque permis de démolir et de construire avaient été délivrés dans les règles —, le ministère de la Culture avait alors diligenté une inspection de la direction de l'Architecture.
Son rapport n'avait pas été rendu public, mais Pierre Lagard croit savoir « quil était favorable à la sauvegarde ». Renseignements pris, ce rapport reconnaît bien un intérêt au bâtiment. Mais il a plutôt servi de base de négociations avec les promoteurs, Bouygues Immobilier et la Cogédim, pour qu'ils revoient leur copie en termes d'architecture afin que « les nouvelles constructions s'articulent mieux avec le module sauvegardé et l'esprit de la cité », explique Michel Clément, directeur de l'Architecture au ministère de la Culture. Classer l'ensemble « n'aurait pas été une solution et aurait coûté cher à l'Etat, quen fait-on ensuite ? » continue le haut fonctionnaire. « Sauver trois pages d'un manuscrit rare
qu'on brûle »
Le classement aura donc été « une arme de discussion » pour les faire fléchir : soit ils revoyaient la copie, abandonnant le style « néo-Mansard », soit le site était classé et l'opération bloquée…Un compromis qui énerve et attriste Pierre Lagard. « Je suis triste quon reconnaisse la valeur dune oeuvre sans trouver le moyens de la sauver et de lutter contre une certaine barbarie, lâche-t- il. C'est comme si le ministère était content de sauver une main des bouddhas du Panshir ou encore de préserver trois pages dun manuscrit qu'on brûle. » A ce stade, il ne sait si la mobilisation continuera… « les causes perdues, ça me barbe », conclut-il.
Pour avoir répondu à l'appel de Pierre Lagard, je tiens publiquement à le remercier pour la mobilisation et la prise de conscience qu'il a permis; sans doute que la mobilisation aura été trop tardive.
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