La vente à la découpe: à Sèvres mais aussi à Boulogne
Le quotidien Le Parisien publie dans son édition du 9 mai, un article de Roberto Cristofoli qui informe ses lecteurs qu'à Boulogne aussi 863 logements seront vendus , cette fois ci à un fonds de pension. Rapellons que nous avons appris la semaine dernière, voir sur ce blog l'information publiée le 4 mai, la mise en vente de 250 logements locatifs dans le quartier des Bruyères à Sèvres.
Une affaire de vente d'immeubles occupe actuellement le devant de la scène politique à Boulogne-Billancourt. Une mutuelle, la France Mutualiste, a vendu au fonds de pension espagnol Restaura un ensemble de 863 logements pour un montant avoisinant 85 millions d'euros dans les quartiers nord, à quelques encablures du bois de Boulogne, et continue de détenir 420 autres logements dans les quartiers sud, boulevard Jean-Jaurès. Une situation qui inquiète l'opposition municipale de gauche et le député UDF Pierre-Christophe Baguet ; lesquels dénoncent les agissements du sénateur-maire UMP Jean-Pierre Fourcade dans cette affaire et craignent que les locataires de ces deux ensembles se retrouvent en position délicate, exposés qu'ils sont, selon eux, à une vente à la découpe de leurs logements.
La gauche dénonce « cette dérive spéculative » et considère que le fonds de pension espagnol « mise sur les retombées juteuses de leur prochaine revente ». Interrogé, le sénateur-maire Jean-Pierre Fourcade contre-attaque, accusé par ailleurs par ses opposants d'avoir cédé à la France Mutualiste afin qu'elle abandonne en son temps son recours contre le plan local d'urbanisme : « Ceux qui s'expriment sur cette affaire le font à tort et à travers. J'ai en ma possession une lettre du président de la France Mutualiste qui s'engage à ne pas vendre à la découpe ses logements du boulevard Jean-Jaurès dans les cinq ans qui viennent. »
« Victimes d'une négociation politico-financière » Quant à ceux des quartiers nord, la situation est beaucoup plus complexe : « le fonds de pension espagnol Restaura est devenu propriétaire mais je dispose d'une arme redoutable dans la négociation avec eux : le droit de préemption que je peux exercer dès lors qu'ils vendront le premier appartement », assène Jean-Pierre Fourcade. Le sénateur-maire de Boulogne compte saisir l'occasion pour négocier au mieux : « Sur les 863 logements, j'espère bien qu'au minimum 180 d'entre eux deviendront des logements sociaux gérés probablement par le bailleur 3 F, même si je compte en obtenir davantage, et que ces 180 logements viendront s'ajouter à ceux qui dépendent de la loi de 1948, soit au total environ 300 logements. » Pour le député UDF Pierre-Christophe Baguet, il aurait été possible de mieux négocier afin de racheter la totalité des 863 logements à la France Mutualiste en lieu et place du fonds de pension espagnol : « Il suffisait pour ça de négocier le prix de vente à la baisse. Et de boucler un montage financier en sollicitant l'Etat, la région, le conseil général et la ville. Le tout pouvait être financé grâce à un prêt sur cinquante ans. Au lieu de ça, on se retrouve avec des locataires victimes d'une négociation politico-financière alors que les logements sociaux manquent cruellement à Boulogne, surtout sur les quartiers nord. »
Commentaires